| Trio
Conte de fée avec la participation d'ENVER
IZMAILOV "ULTRAMARIN" (KM CREATIVE 05) L’enregistrement d’« Ultramarin » est réalisé au 30e Deutche festival de jazz à Frankfort. Le guitariste Enver Izmailov, bien connu déjà en Allemagne, y a également participé. Théodossii Spassov (pipeau et vocal), Anatoli Vapirov (saxophone) et Stoyan Yankoulov (tupan et percussions) créent un « world jazz bulgare » indépendant, de forme nouvelle qui en dit assez d’elle-même par la libre improvisation et le chant sans parole. Le son impressionnant et souvent mélancolique du pipeau s’en mêle à la voix du sax de Vapirov et aux coups profonds du tupan comme si ces instruments s’appartenaient depuis des siècles. D’une légèreté stupéfiante, Enver Izmailov les rejoint de ses lignes de guitare épurées. Tout cela est joué telle une danse, proche de la musique bulgare de noces – le rythme s’accélérant progressivement, touchant l’extase, garni de solos brillants. C’est tantôt du rock, suivi d’influences arabes, tantôt la solitude et l’étendu de quelque paysage bulgare – une décoration sereine pour des moments plus calmes. Le trio Conte de fée mérite son nom – « Ultramarin » c’est de la « Musique pour s’endormir ». CARINA PRANGE / Jazzdimensions |
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| ZIG
ZAG TRIO "Quand les abeilles récoltent du miel" (KM CREATIVE 04) Il y a une dizaine d’années, Peter Raltchev était un jeune virtuose bulgare de l’accordéon que la vieille génération considérait avec méfiance pour son approche trop audacieuse à la musique folklorique. Cet album est une preuve qu’ils avaient eu raison. Peter Raltchev et ses complices Atechan Yousséinov (à la guitare) et Stoyan Yankoulov (au tupan) ont créé des mélodies à vous couper le souffle et un morceau – vrai chef d’œuvre – qui résout triomphalement le problème de l’insertion de la tradition folklorique dans le domaine de l’art-musique. Dans «Retourne-toi» l’accordéon, tournoyant autour de la guitare et assemblant une mosaïque de petits morceaux, commence à tricoter des figures compliquées, bigarrées de courts fragments mélodiques. En même temps Yankoulov, montrant une parfaite maîtrise de plusieurs cadences, glisse des commentaires, tout en faisant des transformations dans le rythme de la ligne d’accordéon. Le résultat en est un tissu de jazz, de brefs renvois au folklore, des envolées harmoniques inattendues et une habileté que je n’ai jamais entendue avant. Aucun des morceaux ne suit le même schéma, et pourtant tous sont également réussis. Sans doute, on pourrait chercher les origines de cette musique dans les groupes de noces des années 80 et les essais du genre jazz-folk de Miltcho Léviev, mais à une seule différence: ces oeuvres font un corps ensemble et peu importe à quel point le soliste s’éloigne du thème. C’est magnifique: si vous êtes curieux de savoir où déferle la Nouvelle vague bulgare, procurez-vous cet album. KIM BURTON / Songlines Les disquaires seront embarrassés avant de décider comment procéder. La première clé les aidant à se débrouiller c’est les indications « à classer dans une colonne » et un peu plus loin – « “World Music, Bulgarie/ des rythmes fous pour noces, du jazz » ; « fous » étant probablement ajouté pour éviter de tromper ceux qui cherchent de la musique de noces typiquement bulgare. Il est vrai que Zig zag trio emploie des éléments de ce genre, mais malgré les rythmes entremêlés et la virtuosité de l’interprétation, ils arrivent à faire sortir le genre du cadre traditionnel grâce à une fusion d’improvisations inspirées, de guitares funky, de variations avant-gardistes. Il est vrai que les techniques d’Atechkan Ysséinov sont enivrantes, mais en fait il n’y a pas que ça. Il interprète les passages les plus accélérés dans le style du fusion-jazz, légèrement bourdonnant, au rythme 7/10, tandis que dans « La brume se lève » il est nettement plus tendre. L’interprétation de Peter Raltchev est foudroyante et ruisselante, sans pour autant sacrifier la profondeur mélodique. En revanche, pour leur faire face et ne pas se laisser évincer, le percussionniste doit posséder de parfaites aptitudes et il faut le dire – Stoyan Yankoulov s’en sort impeccablement. Le morceau « Tout doucement » est sans doute la pointe de l’album. Il commence lentement, dans une interaction mélodique un peu étourdie, pour glisser ensuite vers un rythme tellement accéléré, qu’il vous fait couper le souffle. Entre temps, de petites épisodes malines tiennent le public aux aguets. Oui, je suis d’accord: ce sont des rythmes fous pour noces. Et si les invités n’étaient sont pas du même avis avant que les musiciens commencent à jouer, laissez leur un peu de temps pour s’en apercevoir . PEGGY LATKOVICH / Rootsworld C’est quelque chose d’unique, le folk bulgare, même dans sa forme délavée qu’il pourrait vous arriver d’écouter dans la Lada jaune de quelque chauffeur de taxi complice. Zig zag trio non seulement ne fait pas délaver le folk ; juste au contraire, il bâtit sur cette musique, en rajoutant des éléments du jazz moderne et en exploitant au maximum la puissance d’une improvisation bien structurée. Mais arrêtons les éloges! Zig zag trio offre vraiment du plaisir à l’oreille. Dans son album de 53 minutes, participent trois musiciens virtuoses qui s’amusent bien dans le studio. Toutes les compositions sont bâties sur des mélodies folkloriques et interprétées à des instruments qu’on utilise normalement pour jouer aux noces. Elles sont typiques par la mesure irrégulière, spécifique pour les Balkans, que les percussionnistes des 4/4 super-groupes de rock ne pourraient pas poursuivre. L’entente et l’interaction des musiciens vous fait couper le souffle, pendant que les morceaux progressent. La preuve en est la façon dont les deux instruments d’accompagnement soutiennent savamment le solo. Les solos font partie intégrante des compositions et les musiciens, à travers des démonstrations passagères, manifestent leurs supériorité technique en laissant le public se demander d’où et comment surgissent ces sons. Cette musique divine vous parvient dans un package parfait et la musique en fait partie. Pourtant je garde une certaine réserve par rapport au fait que la consonance ressemblent beaucoup à la « World symphonie » d’Al di Meola – depuis la forte présence de l’accordéon, jusqu’aux lignes de la guitare acoustique. Je suis même prêt à parier que Yousseinov utilise les mêmes cordes que di Meola. Quant à la couverture – la conception, ainsi que la réalisation du livret sont impressionnantes. Les matériaux et la qualité de l’impression sont d’un niveau raisonnable. Et dans tout cela il y a beaucoup de goût. Je vous conseille d’acheter cet album pour vos amis et votre famille, qui ont probablement fait une grimace le jour où vous leur avez parlé pour la première fois de la Bulgarie. Achetez cet album pour vous-même, pour les moments où vous serez dans votre pays. Ajoutez une bouteille de vin de Melnik et les beaux souvenirs vous reviendront dans la mémoire. Seulement les beaux, j’ose dire. STEVIE W. SZEKERES |
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